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Je me souviens des énigmes de mon père.

Après le repas du soir, nous restions parfois à table un long moment, mon père et moi. Il prenait une feuille de papier et un crayon et exposait une énigme, de la plus simple (celle des trains qui se croisent) à la plus complexe (celle des cinq maisons). J’apprenais à réfléchir, à distinguer l’essentiel de l’accessoire, à structurer l’information, à observer, à déduire et à me méfier des évidences. D’autres soirs, nous faisions des détours par le latin ou le grec pour découvrir le sens de quelque mot nouveau ou rare. J’apprenais leur histoire, celle qui les porte et celle qu’ils racontent, et leur couleur et leur force. D’autres soirs encore, quand l’air de l’hiver était bon, nous allions patiner dans la cour de l’école. Mais c’était plus rare. J’avais 7 ans, 8 ans, 10 ans, j’expérimentais tout à la fois la logique et l’inventivité, et j’inscrivais à jamais dans le même espace, celui du plaisir intellectuel, la démarche scientifique et le génie de la langue.
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La mémoire génère le projet.
Si je devais expliquer (et justifier) la raison d’être de ce projet de livre (enfin, appelons-ça comme ça, à défaut de mieux), je dirais qu’il est la continuation logique d’une démarche entamée il y a longtemps : celle de conjuguer dans ma pratique et dans mes réflexions le textuel et le numérique. Dans une autre vie (ma vie universitaire), j’en avais fait l’objet de recherches + (dont une de doctorat amorcée et jamais terminée pour cause de cynisme, disons, à l’égard de l’institution et de la carrière). Et dans mon parcours de production littéraire, la poésie numérique (enfin, appelons-ça comme ça) a occupé successivement diverses positions, essentielles ou accessoires + . Le projet de mettre sur pied une maison d’édition numérique en ligne, editionum, a ramené à la surface les questionnements, les doutes, les hypothèses, les tentations et les partis-pris. L’idée d’écrire un ouvrage (enfin, appelons-ça comme ça) regroupant et revisitant ces pensées et recherches éparses s’est alors imposée comme une évidence.
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La littérature est un programme comme les autres.
Le littéraire, bien au-delà de l’inspiration (ou en deçà, c’est selon le point de vue), met en œuvre un ensemble complexe de processus dont la finalité est de traiter un ensemble tout aussi complexe de données. L’analogie peut sembler provocatrice ; elle peut même être hérétique aux yeux de celles et ceux, nombreux encore en ce siècle malgré les avancées théoriques du précédent, pour qui l’art est avant tout, voir exclusivement, expression. Mais l’idée formulée ici n’est pas neuve, loin s’en faut. Les auteur.e.s ne manquent pas qui l’ont exprimée depuis plusieurs décennies. En des termes différents, et avec moultes nuances et variations, c’est la vision du littéraire comme opération, comme fabrique, comme production de forme et de sens. L’analogie supposée ici entre la littérature et l’informatique + n’en est qu’une extrapolation à peine caricaturale. Voir les choses sous cet angle, c’est adopter une posture évolutionniste, pourrait-on dire : en matière littéraire comme en (presque) toutes autres, le virage numérique est pris. Cela ne change pas l’essence de l’objet même si cela en modifie les conditions d’existence et de réalisation. Et il y a bien là un programme d’écriture : de quoi au moins produire un octet + de textes brefs, subjectifs et néanmoins motivés sur l’alliance de moins en moins contingente du littéraire et du numérique.
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Je me souviens des énigmes de mon père.

Après le repas du soir, nous restions parfois à table un long moment, mon père et moi. Il prenait une feuille de papier et un crayon et exposait une énigme, de la plus simple (celle des trains qui se croisent) à la plus complexe (celle des cinq maisons). J’apprenais à réfléchir, à distinguer l’essentiel de l’accessoire, à structurer l’information, à observer, à déduire et à me méfier des évidences. D’autres soirs, nous faisions des détours par le latin ou le grec pour découvrir le sens de quelque mot nouveau ou rare. J’apprenais leur histoire, celle qui les porte et celle qu’ils racontent, et leur couleur et leur force. D’autres soirs encore, quand l’air de l’hiver était bon, nous allions patiner dans la cour de l’école. Mais c’était plus rare. J’avais 7 ans, 8 ans, 10 ans, j’expérimentais tout à la fois la logique et l’inventivité, et j’inscrivais à jamais dans le même espace, celui du plaisir intellectuel, la démarche scientifique et le génie de la langue.
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La mémoire génère le projet.
Si je devais expliquer (et justifier) la raison d’être de ce projet de livre (enfin, appelons-ça comme ça, à défaut de mieux), je dirais qu’il est la continuation logique d’une démarche entamée il y a longtemps : celle de conjuguer dans ma pratique et dans mes réflexions le textuel et le numérique. Dans une autre vie (ma vie universitaire), j’en avais fait l’objet de recherches + (dont une de doctorat amorcée et jamais terminée pour cause de cynisme, disons, à l’égard de l’institution et de la carrière). Et dans mon parcours de production littéraire, la poésie numérique (enfin, appelons-ça comme ça) a occupé successivement diverses positions, essentielles ou accessoires + . Le projet de mettre sur pied une maison d’édition numérique en ligne, editionum, a ramené à la surface les questionnements, les doutes, les hypothèses, les tentations et les partis-pris. L’idée d’écrire un ouvrage (enfin, appelons-ça comme ça) regroupant et revisitant ces pensées et recherches éparses s’est alors imposée comme une évidence.
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La littérature est un programme comme les autres.
Le littéraire, bien au-delà de l’inspiration (ou en deçà, c’est selon le point de vue), met en œuvre un ensemble complexe de processus dont la finalité est de traiter un ensemble tout aussi complexe de données. L’analogie peut sembler provocatrice ; elle peut même être hérétique aux yeux de celles et ceux, nombreux encore en ce siècle malgré les avancées théoriques du précédent, pour qui l’art est avant tout, voir exclusivement, expression. Mais l’idée formulée ici n’est pas neuve, loin s’en faut. Les auteur.e.s ne manquent pas qui l’ont exprimée depuis plusieurs décennies. En des termes différents, et avec moultes nuances et variations, c’est la vision du littéraire comme opération, comme fabrique, comme production de forme et de sens. L’analogie supposée ici entre la littérature et l’informatique + n’en est qu’une extrapolation à peine caricaturale. Voir les choses sous cet angle, c’est adopter une posture évolutionniste, pourrait-on dire : en matière littéraire comme en (presque) toutes autres, le virage numérique est pris. Cela ne change pas l’essence de l’objet même si cela en modifie les conditions d’existence et de réalisation. Et il y a bien là un programme d’écriture : de quoi au moins produire un octet + de textes brefs, subjectifs et néanmoins motivés sur l’alliance de moins en moins contingente du littéraire et du numérique.

